Le triangle de la responsabilisation contre l’épuisement

“Prévenir l’épuisement, c’est responsabiliser sans culpabiliser” — Jean-Cédric Violet

“L’enjeu de la responsabilisation du burn-out” - Equilibr’in®

Prévenir, c’est responsabiliser sans culpabiliser

Le moment où tout bascule

Il y a une phrase qui revient souvent, dans les entreprises, dans les échanges, dans les accompagnements.

“Chacun est responsable de lui-même.”

Sur le papier, c’est vrai, dans la réalité… c’est beaucoup plus complexe. le problème est que cette phrase peut être responsabilisante ou culpabilisante et la frontière entre les deux est très fine.

Une dérive silencieuse et dangereuse

Quand les sujets de burn-out arrivent sur la table, il se passe souvent quelque chose de subtil. On commence à parler d’équilibre de vie, de gestion du stress et des émotions ou d’organisation individuelle.

Ce sont des sujets importants mais petit à petit, sans s’en rendre compte, le regard glisse du système… vers l’individu, de l’environnement… vers le comportement, du collectif… vers le personnel.

Et parfois, cela donne :

  • “Tu dois apprendre à dire non”,

  • “Tu dois mieux gérer ton temps”,

  • “Tu dois prendre du recul”, ce qui peut être vrai… mais pas suffisant.

Le risque majeur, pointer la culpabilité individuelle

Quand on parle uniquement de responsabilité individuelle dans un système déséquilibré, on crée un biais dangereux. On demande à l’individu de s’adapter… à quelque chose qui dysfonctionne. C’est comme demander à quelqu’un de nager plus vite…à contre-courant. À un moment donné, il finit par s’épuiser et ce n’est plus une question de technique, c’est une question de conditions de travail.

L’incohérence du message aux collaborateurs face à la réalité

Responsabiliser, ce n’est pas culpabiliser, responsabiliser, c’est donner du pouvoir d’action.

Culpabiliser, c’est faire porter la faute, et dans beaucoup d’organisations, les deux sont mélangés. On dit “Prenez soin de vous” mais dans un environnement où les charges de travail explosent, les délais se réduisent, les ressources diminuent et les priorités changent en permanence.

Par conséquent, le message devient incohérent car totalement clivant.

Le triangle de la responsabilisation

Prévenir le burn-out ne se joue jamais à un seul niveau mais à 3 niveaux distincts.

  • L’individu : les ressources, les limites, les signaux faibles.

  • Le collectif : l'équipe, l’entraide, l’écoute, la qualité des relations.

  • L’organisation : la culture d’entreprise, le management, le droit à la parole, la charge de travail, les objectifs réalistes et les priorités.

En cas de burn-out, la remise en question est systémique et se joue à tous les niveaux du triangle, individuel, collectif et organisationnel.

La posture des entreprises dans une politique de prévention

Dans une politique de prévention, lers entreprises changent de posture, elles ne se contentent pas de dire “Faites attention à vous”, elles se demandent aussi :

  • Que demandons-nous réellement ?

  • Est-ce soutenable dans le temps ?

  • Quels signaux ignorons nous ?

  • Où créons nous de la tension inutile ?

  • Quelle marge de manoeuvre laissons-nous ?

Elles ne déresponsabilisent pas l’individu mais assument leurs responsabiltés.

La responsabilité partagée, équilibrée et assumée

C’est là toute la difficulté en entreprise, trop de responsabilité individuelle → culpabilisation, pas assez → déresponsabilisation.

La bonne posture est entre les deux, une responsabilité partagée, claire, assumée et équilibrée.

Dans une politique de prévention, voici ce qui change concrètement dans les entreprises.

  • On ne dit plus seulement “Gérez mieux votre stress”, on dit aussi “Regardons ensemble ce qui crée ce stress”.

  • On ne dit plus “Apprenez à dire non”, on dit aussi “Pourquoi est-ce si difficile de dire non ici ?”.

  • On ne dit plus “Prenez du recul”, on dit aussi “Quel espace donnons-nous pour mieux respirer ?”

Conclusion

Prévenir le burn-out, ce n’est pas choisir entre l’individu et l’organisation, c’est comprendre la systémie entre les deux. C’est comprendre qu’ils interagissent au quotidien et sont interdépendants. La responsabilisation individuelle, collective et organisationelle est une clé de la prévention pour lutter contre l’épuisement professionnel. Culpabiliser, c’est les opposer, responsabiliser c’est les anticiper et les prévenir.

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La responsabilisation. Une nuance qui évite la culpabilité… et déclenche la prévention dans toute l’organisation.

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