Dirigeants(es), managers, collaborateurs : les signes faibles ne sont jamais anodins.

“Prêtez attention à ce qui se joue avant la rupture peut aider les individus comme les organisations à éviter le pire” — Jean-Cédric Violet

“Quels sont les signaux faibles identifiabes avant le burn-out ou l’épuisement professionnel ?” - Equilibr’in®

Burn-out : les signaux faibles à repérer en entreprise | Equilibr’in®

Un humain ne s‘épuise pas du jour au lendemain. Le burn-out donne souvent l’impression d’arriver brutalement ; un arrêt, une chute, une rupture. Mais en réalité… rien ne casse du jour au lendemain. Avant la rupture, il y a des signes discrets, progressifs et souvent invisibles pour les non initiés(es).

Comment les identifier et les reconnaître ?

La difficulté, c’est que souvent on ne remarque pas les signaux faibles du burn-out. Ils ne font pas de bruit, ils ne dérangent pas immédiatement, ils sont plutôt faciles à banaliser, à nier et à balayer d’un revers de main.

On entend souvent dire “C’est juste une période”, “Il est un peu fatigué”, “Ça va passer”.

Ces signaux ne sont pas spectaculaires, ils sont subtils et difficilement reconnaissables. La plupart du temps on s’y habitue pour les considérer comme dans la “normalité”.

  • Moins d’énergie

  • Moins de participation spontanée

  • Moins d’initiatives

  • Plus d’automatismes

  • Plus de silence

  • Plus d’irritabilité

  • Plus de fatigue visible

  • Moins de motivation et de plaisir

Rien d’alarmant… pris séparément mais ensemble, ils racontent une autre histoire.

Le glissement silencieux

Ce n’est pas un effondrement c’est un glissement, lent, continue, invisible… jusqu’à un certain point. La personne ne s’arrête pas, elle s’adapte, puis elle compense, se suradapte puis elle s’épuise lentement.

Pourquoi on ne les voit pas ?
On ne les ressent pas car que nous sommes comme “coupés de notre corps” et que notre grille de lecture ne nous l’autorise pas ; éducation, injonctions, croyances limitantes. On regarde surtout la performance, les résultats, les livrables et tant que ça tient… on ne s’interroge pas, on ne se remet pas en question et on ne remet pas en question le sytème dans lequel nous travaillons.

Le piège du “ça fonctionne” est l’un des pièges les plus dangereux pour notre santé physique et mentale. Le travail est fait, les délais sont tenus, les collaborateurs sont toujours là donc tout va bien, mais en réalité leurs ressources diminuent peu à peu.

Le rôle clé des managers et des dirigeants(es)

Prévenir, ce n’est pas attendre les signaux forts, c’est apprendre à détecter et identifier :

  • Les changements d’attitude,

  • Les micro décrochages,

  • Les pertes d’élan,

  • Les variations d’énergie.

ET pas seulement les résultats.

Une nouvelle posture à adopter pour les managers et les dirigeants(es)

L’épuisement professionnel demande aux dirigeants(es) et managers un changement de regard. Passer de “Est-ce que le travail est fait ?” à “Dans quel état la personne fait-elle ce travail ?”

Les signaux faibles sont une chance pour ceux et celles qui savent les identifier parce qu’ils apparaissent avant la rupture. C’est justement à ce moment là que la prévention est encore possible pour éviter les accidents graves (AVC, crise cardiaque, troubles cognitifs et psychologiques), les arrêts maladie ou les absences de longue durée. Pour l’entreprise comme pour les collaborateurs eux-mêmes, il est donc essentiel d‘être en capacité de reconnaître les signaux faibles pour pouvoir ainsi alerter les référents de l’organisation. Quand une personne est en burn-in, elle baigne souvent dans le déni, c’est pourquoi il est important que l’entourage professionnel ou personnel puisse tirer la sonnette d’alarme.

Il est prouvé scientifiquement que plus la période de stress chronique est prolongée, plus long sera le temps de guérison. Aujourd’hui, la moyenne nationale de reprise du travail est estimée à environ 14 mois. Imaginez-vous avec un excellent collaborateur de l’entreprise devoir s’absenter longuement pour cause de burn-out au cours d’un projet stratégique.

L’adage bien connu “Il vaut mieux prévenir que guérir” est vrai pour les maladies comme pour le burn-out. Plus tôt les signaux faibles sont reconnus, plus vite le dirigeant, le manager ou le collaborateur pourra reprendre sa place au sein de l’entreprise.

Conclusion

Le burn-out ne commence pas quand tout s’arrête, il commence bien avant. Dans des signes discrets, dans des changements subtils, dans des regards qui changent, dans des silences que l’on n’écoute pas, dans une énergie qui disparaît… sans bruit. Non, le burn-out ne commence pas quand tout s’arrête.

On continue, on tient, on fait “comme si” jusqu’au jour où il n’y a plus rien à faire.

“Prévenir l’épuisement, ce n’est pas attendre la chute, c’est apprendre à voir… ce qui se fissure déjà et mettre un système en place qui puissent gérer ces situations pour qu’elles ne dégénèrent pas autant pour l’individu que pour l’organisation.”

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La responsabilisation. Une nuance qui évite la culpabilité… et déclenche la prévention dans toute l’organisation.