Comment prévenir ou éviter le burn-out quand on est dirigeant ou manager ?
“Il n’est jamais trop tard pour prévenir le burn-out. Maintenant que j’en ai découvert certaines clés, je vous les partage dans ce blog.” — Jean-Cédric Violet
Prévenir plutôt que guérir - Equilibr’in®
8 clés pour apprendre comment prévenir ou éviter le burnout.
On parle beaucoup du burn-out une fois qu’il a frappé. On en parle beaucoup moins avant, quand tout tient encore… au moins en apparence. Le dirigeant ou le manager qui s’effondre, ce n’est jamais “du jour au lendemain”. C’est une accumulation de concessions, de “ça ira”, de “je tiendrai bien jusqu’à…”, de nuits trop courtes et de limites trop extensibles.
Je le sais bien puisque j’ai longtemps cru moi-même que la prévention, c’était uniquement pour les autres. Moi, je croyais être “solide”, “résistant”, “capable d’encaisser” jusqu’à ce burnout qui m’a conduit, malgré moi, jusqu’à une tentative de suicide.
Vous êtes dirigeants (es) manager ou collaborateurs (ices). Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous partager quelques clés pour éviter et prévenir le burn-out car le savoir c’est déjà se donner l’opportunité d’apprendre à se protéger pour durer.
1. Accepter une idée simple. Oui, vous êtes concerné (e)
La première étape de la prévention, cest sortir du déni élégant.
Les phrases typiques qui masquent le risque du genre :
“C’est juste une période chargée.”,
“Après ce projet / ce trimestre / cette levée de fonds, ça ira mieux.”,
“Je ne peux pas me permettre de flancher, j’ai trop de responsabilités.”
En réalité :
Vous êtes exposé (e) à un niveau de stress et de responsabilité inhabituel.
Vous êtes souvent le dernier maillon de la chaîne car tout remonte à vous.
Vous avez appris à “tenir” bon, parfois depuis très jeune.
Prévenir le burn-out commence par cette phrase dont vous devez prendre pleinement conscience.
“Je ne suis pas au-dessus du risque. Je suis même probablement très exposé (e).”
Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est tout juste un acte de lucidité et de protection.
2. Repérer les signaux faibles avant qu’ils ne crient
Le burn-out ne commence pas avec l’effondrement. Il commence avec des signaux faibles, que l’on balaie souvent d’un revers de main.
Dans le corps
Vous vous réveillez déjà fatigué (e), plusieurs jours d’affilée.
Votre sommeil se dégrade (réveils nocturnes, ruminations).
Les tensions physiques deviennent “normales” : nuque, dos, mâchoires.
Les troubles digestifs, les migraines, les palpitations se répètent.
Dans l’humeur
Irritabilité, impatience, agressivité pour des détails.
Cynisme ou détachement, plus rien ne vous touche vraiment.
Perte de motivation, impression de tourner en rond.
Dans la tête
Difficulté à vous concentrer sur des tâches simples.
Trous de mémoire inhabituels.
Décisions qui vous demandent un effort énorme.
Dans vos comportements
Vous travaillez encore plus pour compenser.
Vous vous isolez de plus en plus.
Vous repoussez systématiquement vos rendez-vous médicaux et vos temps personnels.
La prévention signifie se prendre au sérieux dès les signaux faibles et pas seulement quand tout s’écroule.
3. Installer des “filets de sécurité” dans son quotidien
On ne prévient pas un burn-out uniquement avec de la bonne volonté, on le prévient en mettant en place des filets concrets, non négociables.
Un socle : sommeil, récupération, rythmes
Bloquer des heures de sommeil suffisantes (et les défendre comme un RDV client stratégique).
Arrêter les journées sans aucune vraie pause.
Éviter systématiquement les “deuxième journées” mail/ordi de 22h à minuit.
Pose-toi cette question :
“Si j’étais mon propre salarié, est-ce que je trouverais acceptable le rythme que je m’impose ?”
Des rituels de déconnexion
Un vrai sas entre journée de travail et vie personnelle (marche, respiration, musique, danse, sport, peinture, jardinage…).
Des plages sans écran (soirée, week-end, vacances).
Une règle simple, pas de décision importante le soir tard, quand le cerveau est épuisé.
Le corps comme allié, pas comme outil
Le corps est le premier à prévenir et le dernier qu’on écoute.
Marche, sport modéré, mouvement régulier.
Vérifier régulièrement les “bases” médicales (bilan, check-up, suivi).
Éviter l’idée que “je récupérerai plus tard”, plus tard, c’est souvent trop tard.
4. Apprendre à poser des limites “même quand on est le/la boss”
Un(e) dirigeant(e) sans limites est un(e) dirigeant(e) en danger.
Dire non… sans perdre son pouvoir
Prévenir son burn-out, c’est accepter que :
Tout ne sera pas fait.
Tout ne sera pas parfait.
Tout ne dépend pas de vous.
Quelques exemples de limites concrètes : refuser un projet sans ressources suffisantes, renégocier un délai intenable, mettre fin à des réunions qui n’ont plus de sens.
Déléguer pour de vrai
Déléguer, ce n’est pas seulement “donner des tâches”, c’est aussi accepter que quelqu’un fasse autrement que vous… et parfois moins bien au début.
Questions utiles : quelles tâches n’ont pas besoin de mon niveau de compétence ? Qu’est-ce que je continue de faire par habitude, contrôle ou peur de lâcher ? Qu’est-ce qui pourrait disparaître sans que le client final s’en rende compte ?
5. Prévenir, c’est aussi travailler sur ses croyances
Dans la méthode Equilibr’in®, la prévention ne se joue pas seulement sur l’organisation et l’hygiène de vie. Elle se joue aussi à l’intérieur, dans ce que tu crois devoir être. Les croyances qui épuisent le plus les dirigeants :
“Je dois toujours être fort.”
“Je dois tout maîtriser.”
“Je dois prouver que je mérite ma place.”
“Si je ralentis, tout s’effondre.”
Ces drivers agissent comme un logiciel interne invisible. Ils poussent à en faire toujours plus, même quand le corps hurle stop. En prévention, le travail d’Equilibr’in® consiste notamment à :
Mettre en lumière ces croyances.
Comprendre d’où elles viennent (éducation, culture, parcours de vie).
Les remplacer progressivement par des repères plus sains :
“J’ai le droit de demander de l’aide.”
“Ma valeur ne se résume pas à ma performance.”
“Protéger ma santé, c’est aussi protéger mon entreprise.”
6. Organiser son écosystème pour ne pas porter tout seul
Le burn-out n’est jamais seulement “un problème individuel”. Il est le résultat d’une rencontre entre une personne et un système. Prévenir, c’est donc aussi agir sur :
Le mode de fonctionnement de l’entreprise
Clarifier les priorités au lieu de tout faire en même temps.
Fixer des objectifs réalistes.
Limiter le culte de l’urgence permanente. Urgent versus important.
Donner un vrai droit à l’erreur.
Le rôle de l’entourage professionnel
Avoir un cercle de pairs avec qui parler sans masque.
Se faire challenger par quelqu’un qui ose dire “là tu vas trop loin”.
Créer de la co-responsabilité : manager, RH, associés, pas uniquement “le boss qui tient la barque”.
7. Demander de l’aide… avant d’être au fond
Beaucoup de dirigeants me disent : “Si j’avais demandé de l’aide six mois plus tôt, je ne serais peut-être pas allé jusqu’au burnout.”
Demander de l’aide n’enlève rien à votre légitimité. Au contraire, c’est une décision de dirigeant responsable.
Les formes possibles :
Aide médicale : parler tôt à son médecin, faire un bilan, ne pas attendre la casse.
Aide psychologique : psy, coach spécialisé, groupe de parole.
Aide stratégique : revoir l’organisation, le modèle économique, la gouvernance.
8. Un auto-check simple pour rester lucide
Tu peux, par exemple, te poser ces questions tous les mois (et y répondre honnêtement) :
Sur 10, à combien est ma fatigue en ce moment ?
Est-ce que mon sommeil est réparateur ?
Est-ce que j’ai des moments dans la semaine où je ne pense pas au travail ?
Est-ce que je me surprends à devenir quelqu’un que je n’aime pas (agressif, cynique, absent) ?
Est-ce que je sais à qui je pourrais parler si je sentais que je bascule ?
Si plusieurs réponses te font grimacer, ce n’est pas un échec, c’est un signal de prévention.
Conclusion
Avec Equilibr’in®, nous travaillons en complémentarité ou en parallèle des professionnels de santé. Notre travail est tout d’abord d’évaluer si un accompagnement est réalisable en toute sécurité si et seulement si le dirigeant / manager est en phase d’acceptation du burnout ou en début de reconstruction. Pour les dirigeants et managers notre approche est basée sur trois axes :
Stabiliser le système nerveux : revenir aux Essentiels
Améliorer son niveau de santé globale : rapport au corps, à l’esprit, au sommeil, à l’alimentation, au respect des rythmes en fonction du niveau d’énergie.
Retrouver des espaces et des moments de récupération réels tout en connexion avec ses sens.
Mettre en lumière les mécanismes invisibles du développement personnel : prendre conscience sans culpabiliser
Identifier ses valeurs profondes, son lieu ressource et prendre conscience de ses réels besoins.
Gagner en confiance et en estime de soi.
Définition des fondations de sa vie affective.
Croyances, drivers, réflexes de performance qui mènent à l’épuisement.
Repenser son rapport au travail et à la réussite : l’équilibre des 5 domaines de vie
Poser la nouvelle vision de sa vie professionnelle.
Gérer sa charge mentale au quotidien.
Incarner son projet et qui il est vraiment.
Aligner ambition et santé dans ses 5 domaines de vie.
”Prévenir et éviter le burn-out, ce n’est pas renoncer à réussir. C’est choisir de réussir sans y laisser sa peau.”