Comment savoir si je fais un burnout en tant que dirigeant, manager ou collaborateur ?
“Il n’est pas simple de s’autoriser à être humain. Le burnout est souvent le signe de ce que nous ne voulons plus faire ou ne plus être dans notre vie.” — Jean-Cédric Violet
Quels sont les premiers signes qui indiquent que vous êtes dans une des phases préliminaires au burnout ?
Comment savoir si je fais un burnout ?
Un jour, on se réveille plus fatigué qu’en se couchant.
On lit trois fois le même mail sans réussir à le comprendre.
On s’énerve pour un détail… puis on rentre chez soi vidé, honteux, en ayant l’impression d’être “à côté de sa vie”.
Si vous êtes dirigeant ou manager, il y a de fortes chances que vous ayez appris à “tenir”.
Tenir pour l’équipe, pour les clients, pour la trésorerie, pour l’image.
Jusqu’au jour où le corps, lui, ne tient plus.
Je le sais, je l’ai vécu.
Après plus de 20 ans de carrière, j’ai fini en arrêt pour syndrome d’épuisement professionnel, avec un burn-out sévère et une tentative de suicide.
Aujourd’hui, avec la méthode Equilibr’in®, j’accompagne à mon tour des dirigeants et managers pour qu’ils n’aillent pas “jusqu’au bout comme j’ai pu le faire.
Alors, comment savoir si vous avez “juste un passage à vide”… ou si vous êtes en train de glisser vers un burnout ?
1. Qu’est-ce qu’un burnout ?
Le burn-out, ce n’est pas être fatigué de son job, en avoir marre, ne plus supporter son boss / ses équipes. Le burn-out, c’est un effondrement du système. Un état d’épuisement profond, physique, émotionnel et mental, lié à un stress chronique au travail, qui dépasse les capacités de récupération habituelles de la personne. Ce n’est pas un manque de volonté, ce n’est pas un défaut de caractère, c’est un épuisement de vos ressources.
Chez un dirigeant ou un manager, il est souvent masqué plus longtemps, parce que tout l’environnement vous pousse à continuer. “On compte sur toi”, “Tu es indispensable”, “Tu vas tenir, tu l’as toujours fait”. Jusqu’au jour où le corps dit stop.
2. Les 3 critères clés : intensité, durée, impact
Pour faire la différence entre “grosse fatigue” et burnout, trois questions simples.
Intensité.
À quel point suis-je épuisé(e) ?
Est-ce que cette fatigue me tombe dessus comme un mur, sans prévenir ?
Durée.
Depuis combien de temps je me dis “ça ne peut plus durer comme ça” ?
Est-ce que je repousse ce constat depuis des semaines… des mois… des années ?
Impact.
Quel impact sur ma vie personelle et professionnelle ?
Est-ce que mon couple, ma famille, mon sommeil, mes décisions au travail sont clairement touchés ?
En résumé
🟡 Fatigue “normale”: je suis épuisé (e) après une grosse période, mais si je coupe vraiment (week-end, vacances) je récupère.
🔴 Burn-out qui s’installe : même en coupant, en théorie, je ne récupère plus. Le réservoir ne se remplit plus ou pas assez vite.
3. Les signes physiques, émotionnels, cognitifs et comportementaux
Le corps tire presque toujours la sonnette d’alarme en premier puis les émotions, la tête, et enfin le comportement.
Signes physiques
Fatigue écrasante car déjà épuisé(e) au réveil
Troubles du sommeil (difficultés à s’endormir, réveils nocturnes, sommeil non réparateur)
Maux de tête, tensions dans la nuque, le dos, la mâchoire
Troubles digestifs (nausées, brûlures, appétit déréglé)
Palpitations, oppression thoracique, essoufflement à l’effort minime
Baisse de l’immunité (rhumes, infections fréquentes)
Dans mon cas, j’avais l’impression de porter un sac de 30 kilos du matin au soir. Je me disais “Ca va passer” mais cela ne passait plus.”
Signes émotionnels
Irritabilité : la moindre contrariété vous fait exploser
Cynisme. Vous vous surprenez à dénigrer tout le monde, tout le temps
Perte de plaisir. Même ce qui vous faisait du bien ne vous fait plus envie
Sentiment de vide, d’absurdité, impression de “tourner en rond”
Sensibilité accrue. Larmes faciles, sentiment de débordement
Signes cognitifs (la fameuse “tête en coton”)
Difficulté à se concentrer sur un mail, un dossier simple
Trous de mémoire (rendez-vous oubliés, infos basiques zappées)
Décisions qui vous demandent un effort énorme (même les petites)
Sensation de ralentissement, comme si le cerveau était au ralenti
Beaucoup de dirigeants que j’accompagne me disent :
“Ce qui m’a le plus fait peur, ce n’est pas la fatigue. C’est quand j’ai vu que je n’étais plus capable de décider.”
Signes comportementaux
Vous travaillez encore plus pour compenser… ce qui aggrave l’épuisement
Vous vous isolez (moins disponible pour les proches, pour l’équipe)
Vous augmentez des “béquilles” : café, sucre, écrans, parfois alcool, drogue ou cigarette
Vous perdez patience très vite, ou au contraire vous décrochez
4. Ce qui doit alerter spécifiquement chez un dirigeant / manager
En tant que dirigeant ou manager, certains signaux sont particulièrement importants.
La qualité de vos décisions baisse
Vous repoussez, vous hésitez, vous changez d’avis, vous faites des erreurs que vous n’auriez jamais faites avant.Votre tolérance au stress s’effondre
Là où vous “encaissiez” facilement, tout devient lourd, grave, insupportable.Vous ne vous reconnaissez plus
Dans votre manière de parler à vos équipes, à vos proches, à vous-même.Votre identité se confond avec votre rôle
Vous avez l’impression que si vous lâchez, tout s’effondre : l’entreprise, l’équipe, votre valeur.
C’est exactement ce qui m’est arrivé. Je me racontais : “Je n’ai pas le droit de lâcher, ils ont besoin de moi.” En réalité, j’étais déjà en train de lâcher, mais en silence, à l’intérieur.
5. Quand consulter et à qui s’adresser ?
📌 Un principe simple. Plus vous vous posez la question, plus cela vaut la peine d’en parler à un professionnel.
Les interlocuteurs clés.
Votre médecin traitant, c’est la porte d’entrée. Il peut évaluer la situation, poser un diagnostic, proposer un arrêt de travail si nécessaire, orienter vers un psychiatre / psychologue.
Un professionnel de santé mentale (psychiatre, psychologue, psychothérapeute) pour comprendre ce qui se passe, traverser l’effondrement et éviter la rechute.
Puis un accompagnement spécialisé post burn-out. C’est là que peut intervenir la méthode Equilibr’in® en complémentarité des professionnels de santé. avec pour objectifs de :Stabiliser le système nerveux (corps, sommeil, sécurité intérieure)
Comprendre les mécanismes qui vous ont mené là (croyances, drivers, schémas de performance)
Redéfinir vos limites et votre rapport au travail
Repenser votre vie après le burn-out en tant que dirigeant, mais aussi en tant qu’être humain.
Conclusion
Vous n’êtes pas faible, vous êtes juste en train de dépasser vos limites
Le burn-out n’est pas un signe de faiblesse, c’est souvent la conséquence de trop de stress, trop d’énergie, trop longtemps. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes prenez au sérieux ce que votre corps vous dit, ne restez pas seul avec votre fatigue, votre peur, votre honte et surtout osez en parler à un médecin, à un proche, à un professionnel.
De mon côté, il m’a fallu aller au bout du bout jusqu’à une tentative de suicide. La conséquence d’un effondrement total à la fois physique, mental et émotionnel pour enfin comprendre que tenir n’était pas la solution. Aujourd’hui, ma mission avec Equilibr’in® est simple, aider les dirigeants et managers à ne pas attendre la chute pour prendre soin d’eux et de leur santé et par conséquent de ceux et celles qui les aiment.