Burn-out, les erreurs à éviter avant, pendant, après et sur le long terme.

“Pendant tout le processus d’épuisement, j’ai commis une erreur après l’autre, parce que je me croyais plus fort que les autres. Je vous les partage dans ce blog.” — Jean-Cédric Violet

Prévenir plutôt que guérir - Equilibr’in®

Burn-out, les erreurs à éviter avant, pendant, après et sur le long terme.

Personne ne se lève un matin en se disant : “Tiens, si je faisais un burn-out ?”

Le burn-out n’est pas un événement brutal qui se produit en quelques jours, c’est un long processus souvent sournois et insidieux. On parle d’une personne soumise à un stress chronique prolongé dont les signaux sont ignorés ou méconnus, fait de compromis avec soi-même, de “ça ira” et de “je tiendrai le coup”.

Avec le recul de mon propre burn-out en 2019 et de celui évité de justesse en 2025 ainsi que l’expérience de toutes les personnes accompagnées, je vois revenir les mêmes erreurs, avant, pendant, après et sur le long terme. Les reconnaître ne garantit pas d’éviter le burn-out mais cela peut vous protéger, vous éviter d’aller plus loin que nécessaire et surtout de vous prévenir de la rechute.

1. Avant le burn-out : les erreurs qui accélèrent la chute.

Minimiser les signaux d’alerte

Les phrases typiques que j’entends fréquemment :

  • “Je suis juste un peu fatigué (e).”

  • “C’est une grosse période, après ça ira mieux.”

  • “Je récupérerai en vacances.”

En réalité, le sommeil se détériore depuis des semaines ou des mois, l’humeur change, les douleurs et tensions deviennent quasi permanentes et la tête ne suit plus comme avant.

Erreur : considérer ces signaux comme la “normalité”.

À la place : les traiter comme des informations précieuses. Quelque chose, dans votre façon de vivre et de travailler, n’est plus acceptable car votre état de santé se dégrade. Votre pire ennemi, le déni qui vous met en danger.

Compenser… en en faisant encore plus

Quand la fatigue et le stress augmentent, beaucoup de dirigeants répondent par plus d’heures, plus de contrôle, plus de dossiers pris en charge “pour que ça avance”. On serre les dents, on s’accroche à la performance, on accumule les cafés.

Erreur : croire que l’on va rattraper un déficit d’énergie en ajoutant une couche de travail.

À la place : ralentir ce qui peut l’être, revoir les priorités, déléguer, au lieu de s’acharner.

S’isoler “pour ne pas inquiéter” les autres

On ne veut pas inquiéter son conjoint, faire peur à son équipe, donner prise à ses associés. Alors on garde tout pour soi.


Erreur : croire que protéger les autres, c’est se taire.

À la place : choisir une ou deux personnes de confiance à qui dire : “Je ne vais pas bien, je suis inquiet de ce qui est en train de se passer.” Le simple fait de ne plus être seul(e) avec ça change déjà la trajectoire.

Attendre les vacances comme solution magique

“Encore trois semaines, et après je me repose.” “Après ce projet / cette levée de fonds / ce trimestre, j’arrête de tirer sur la corde.”

Sauf que les vacances servent à récupérer d’une fatigue normale et non pas à réparer un système en train de s’effondrer. C’est souvent au retour de vacances que surviennent les effondrements car l’organisme, un peu requinqué, ne supporte plus de retourner dans les mêmes conditions qu’auparavant.

Erreur : utiliser les vacances comme pansement pour une hémorragie.

À la place : prendre des mesures avant, même modestes (médecin, horaires, dossiers, soutien).

2. Pendant le burn-out : ce qui aggrave la situation.

Quand la chute est avérée (crise de larmes, impossibilité de travailler, arrêt de travail posé, etc.), certains réflexes peuvent transformer une alerte en catastrophe.

Refuser l’arrêt… ou continuer à travailler pendant

Très courant chez les dirigeants et je l’ai fait moi-même. Négociation avec le médecin pour réduire l’arrêt, promesse “je prends l’arrêt mais je continue de répondre aux urgences”, ordinateur et téléphone professionnels restent allumés.

Erreur : transformer l’arrêt de travail en pseudo télétravail.

À la place : accepter / accueillir l’arrêt pour se regénérer. L’objectif principal devient la stabilisation et le soin, pas la continuité de l’activité.

Se culpabiliser au lieu de se soigner

Les pensées typiques comme “Je suis en train de laisser tomber tout le monde.”, “Je ne suis pas à la hauteur.”, “Ce n’est pas un réel problème, je suis juste faible.” La culpabilité épuise autant que la suractivité.

Erreur : se flageller, s’enfoncer alors que le système est déjà à bout.

À la place : reconnaître que l’épuisement est le résultat d’un système et pas uniquement de vos choix individuels. Organisation + charge + croyances + contexte = effondrement.


Chercher à “comprendre tout de suite”

Dans les premières semaines, certains (es) veulent analyser ce qui s’est passé, décider de leur avenir professionnel, revoir toute leur vie. Mais au début, le cerveau est encore en mode survie et on n’a pas le recul nécessaire pour prendre des décisions structurantes.

Erreur : vouloir réfléchir comme avant avec un cerveau “cramé”.

À la place : d’abord laisser le corps et le système nerveux se stabiliser (sommeil, sécurité, rythme) car la compréhension vient dans un second temps.

3. Après le burn-out : les pièges de la reprise.

Beaucoup de rechutes viennent des choix faits au moment de la reprise et j’en sais quelque chose.

Revenir trop vite, trop fort

Par peur de perdre sa place, de décevoir, d’être “oublié(e)”, on accélère la reprise avec un temps plein d’emblée, les mêmes responsabilités, le même rythme, parfois même plus de travail pour “rattraper” le retard accumulé.

Erreur : faire de la reprise une démonstration de force.

À la place : concevoir la reprise comme un test progressif avec un temps partiel thérapeutique : par paliers avec des points d’étape et des marges de manœuvre en fonction de l’état de santé général.

Revenir “comme avant”

On change la date… mais pas les règles du jeu. Mêmes horaires, même disponibilité, même incapacité à dire non, même charge implicite. Le corps a crié stop, mais le “logiciel interne” n’a pas été mis à jour.

Erreur : croire qu’un burn-out se “répare” en faisant exactement comme avant, en plus prudent.

À la place : renégocier son rôle, ses fonctions, ses limites et ses priorités pour privilégier un cadre bienveillant dans la durée.

Ne pas en parler

On revient et on fait comme si de rien n’était, on minimise “j’étais fatigué(e), maintenant ça va”, on évite le sujet, on n’explique pas ce qui va changer. Résultat : l’entourage ne comprend pas les nouvelles limites, les anciennes habitudes se réinstallent, et vous vous sentez à nouveau seul avec ce que vous traversez.

Erreur : considérer le burn-out comme un épisode honteux de culpabilité à cacher.

À la place : en parler à votre manière, avec le niveau de détail adapté à chaque interlocuteur (conjoint(e), équipe, associés). Expliquez en quoi vous avez besoin que les choses évoluent.

4. À long terme : l’erreur ultime, oublier la leçon.

Quelques mois ou années après, quand ça va mieux, un piège subtil apparaît, l’oubli.

  • On arrête le suivi médical / psychologue parce que ça va mieux.

  • On relâche les limites “bon, exceptionnellement, je retravaille tous les soirs”.

  • On reprend des engagements sans tenir compte de ses jauges de charge mentale et d’énergie.

  • On se raconte : “C’est derrière moi, c’est fini.”

Petit à petit, les anciens schémas reviennent par la fenêtre arrière.

Erreur : considérer le burn-out comme une un sujet clos.

À la place : le voir comme un point de bascule, un avertissement qui oblige à construire une nouvelle façon de vivre et de travailler.

C’est aussi là que la méthode Equilibr’in® prend tout son sens pour transformer cet épuisement en ressource, installer de nouveaux réflexes, mettre en place des rituels, définir des non négociables et faire de la prévention un nouvel équilibre de vie.


5. Les 6 erreurs que j’aurais aimé éviter.

Avec du recul et après cette expérience douloureuse, voici les 6 erreurs que j’ai personnellement commises :

  • J’ai ignoré les signes physiques, émotionnels, comportementaux et motivationnels pendant des mois.

  • J’ai compensé en continuant à travailler au moins autant et en pensant que cela finirait par passer.

  • J’ai négocié et renégocié avec le médecin pour limiter mes arrêts de travail.

  • J‘ai refusé de suivre un traitement médicamenteux.

  • J’ai continué à culpabiliser alors que j’étais à terre.

  • J’ai voulu reprendre trop vite le travail pour prouver que j’étais encore “capable” d’être le pilier de la famille.


La seconde fois, j’ai enfin écouté la petite voix qui me disait : “Tu n’es pas invincible, fais toi aider, laisse toi accompagner par des spécialistes, tes proches t’aiment, ne te mets pas en danger, tu as le choix de ne pas t‘épuiser, tu as les clés, tu as les ressources pour ne pas rechuter.”

Conclusion

Les 5 grandes erreurs à éviter tout au long du processus :

  1. Avant : minimiser les signaux d’alerte, rester dans le déni, s’isoler, compenser en faisant encore plus.

  2. Pendant : refuser de l’aide, refuser l’arrêt de travail, refuser le traitement si nécessaire, continuer à travailler en cachette, se culpabiliser par rapport à la situation.

  3. Au moment de la reprise : revenir trop vite et trop fort, vivre sans nouvelles règles de vie, continuer sans changer de cadre et de rythme de travail.

  4. Après : faire comme si de rien n’était, ne pas en parler autour de soi, stopper le suivi psychologique, ne rien ajuster en fonction des ressentis.

  5. Sur le long terme : ignorer les symptômes, retomber dans les mêmes schémas, repousser à nouveau les limites, oublier et s’oublier.


Vous n’êtes pas obligé(e) de tout maîtriser mais vous pouvez, dès maintenant, décider d’éviter ces erreurs. Une seule d’entre elle peut suffire à changer votre vie et votre trajectoire.

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