Que faire concrètement quand je sens que je suis en train de me “cramer” ?
“Qu’aurais-je pu faire pour éviter le burnout quand je sentais que j’étais sur le point de craquer, d’exploser, de me “cramer”. Je vous partage quelques conseils dans ce blog.” — Jean-Cédric Violet
Alerte à l’épuisement, plan d’action en 4 étapes - Equilibr’in®
Que faire concrètement quand je suis en train de craquer ?
Il y a un moment charnière, juste avant le burn-out déclaré. Rien n’a encore “explosé” officiellement, mais à l’intérieur, ça craque déjà.
Vous ne supportez plus la moindre contrariété
Votre sommeil est morcelé
Vous avez l’impression de tenir avec du café et de l’alcool
Vous vous surprenez à penser : “Si je continue comme ça, je vais craquer.”
Ce moment-là, je le connais bien, je l’ai passé puis dépassé, trop longtemps jusqu’au burn-out sévère. Avec Equilibr’in®, j’ai fait de cette question une priorité.
Voici un plan d’action simple, en 4 étapes.
1. Reconnaître que ce n’est plus “juste un coup de fatigue”
Quand on est dirigeant ou manager, on a appris à “faire face au stress”, du coup, on banalise des signaux très sérieux.
Quelques indicateurs que la ligne est en train d’être franchie :
Vous vous réveillez épuisé (e) plusieurs jours d’affilée, même après le week-end.
Votre caractère change : irritabilité, cynisme, agressivité ou au contraire détachement total.
Vous avez du mal à décider, même sur des sujets simples.
Votre corps parle : maux de tête, douleurs au dos, troubles digestifs, palpitations, crises de larmes ou d’angoisse.
À ce stade, ce n’est plus le moment de prouver que vous êtes fort, c’est le moment de vous protéger.
2. Les 3 priorités dans les 24–72 heures
L’objectif des 2–3 jours qui viennent n’est pas de “rattraper le retard”, l’objectif est de stopper l’aggravation de votre état de santé.
Ralentir immédiatement ce qui peut l’être
Posez-vous une question simple :
“Qu’est-ce que je peux suspendre, déléguer, repousser dans les 72 heures qui viennent ?”
Concrètement : annuler ou déléguer des réunions non essentielles, repousser ce qui n’est pas vital pour la trésorerie, réduire la plage horaire de travail (finir plus tôt, ne pas replonger le soir). Vous ne sauvez pas votre entreprise en sacrifiant votre santé sur 3 réunions de plus, par contre, vous pouvez fortement aggraver votre état en refusant tout ajustement.
Sortir de l’isolement : parler à une personne de confiance
L’isolement est l’allié numéro 1 du burn-out. Choisissez une personne (médecin, conjoint, ami, associé que vous appréciez) et dites-lui, avec vos mots :
“Je ne vais pas bien.”
“Je sens que je suis en train de craquer.”
“J’ai besoin d’aide.”
Pas besoin de discours parfait, juste un premier pas de côté hors de la solitude.
Protéger le sommeil et le corps
Dans les 72 heures :
Priorité au sommeil (coucher plus tôt, pas d’écran jusqu’à minuit, éviter alcool et excitants le soir)
Marcher, respirer, s’aérer (même 20 minutes),
Manger correctement (pas de café, éviter le grignotage).
Ce ne sont pas “des détails”, c’est ce qui permet à votre système nerveux de ne pas basculer complètement en mode survie.
3. Aller voir son médecin : préparer la consultation
Beaucoup de dirigeants vont voir leur médecin beaucoup trop tard et souvent, le jour où le corps lâche complètement. Aller consulter avant la rupture, c’est un acte de responsabilité et d’intelligence, pas de faiblesse.
Ce que vous pouvez préparer
Notez, noir sur blanc, avant le rendez-vous :
Depuis combien de temps vous vous sentez épuisé(e)
Comment vous dormez réellement
Les symptômes physiques (douleurs, tensions, troubles digestifs, palpitations…)
Les signes émotionnels (colère, larmes, idées noires)
L’impact sur votre travail (erreurs, difficultés à décider…) et sur votre vie personelle.
Plus vous êtes concret, plus le médecin pourra évaluer la situation.
Ce qui peut ressortir de ce rendez-vous
Un arrêt de travail (temporaire ou plus long),
Un traitement si nécessaire (pour le sommeil, l’anxiété, la dépression),
Une orientation vers un psychiatre / psychologue,
Un rappel : vous n’êtes pas une machine.
Accepter un arrêt, c’est souvent la partie la plus difficile pour un dirigeant, on a l’impression de “trahir” l’équipe, les clients, le projet, mais la question réelle c’est :
“Que se passe-t-il si je continue ainsi encore 3 semaines ? 3 mois ?”
4. Ce qu’il vaut mieux éviter, même si c’est tentant
Quand on sent qu’on craque, on prend parfois les pires décisions “de survie”.
Les fausses bonnes idées
“Je vais tenir jusqu’aux vacances.”
“Je vais simplement lever le pied, sans rien changer.”
“Je ne vais rien dire, ça va passer.”
“Je vais prendre quelques jours en douce mais rester joignable.”
Ces stratégies ont un point commun, elles vous laissent seul(e) avec un véritable problème de santé.
Se surcharger encore plus pour “rattraper”
Certains, pris par la peur, répondent à la fatigue par… encore plus de travail. On rallonge les journées, on supprime les pauses, on s’acharne pour prouver qu’on tient encore. C’est la logique du coureur qui, sentant sa cheville craquer, décide de sprinter, la blessure n’est plus une hypothèse, elle devient une certitude et il doit s’arrêter.
Conclusion
Les 72 premières heures servent à mettre le pied sur le frein. Ensuite vient le temps de la compréhension et de la prise de conscience.
Si vous sentez que vous êtes en train de craquer :
Reconnaissez que ce n’est plus un simple coup de fatigue.
Ralentissez immédiatement ce qui peut l’être dans les 72 heures.
Parlez à une personne de confiance.
Consultez votre médecin sans attendre la rupture.
Évitez les fausses bonnes solutions (“je vais tenir”, “je gère ça en vacances”).
Vous n’y arriverez pas seul(e), vous avez besoin d’aide et il est temps de l’accepter.