Burn-out ou dépression : comment faire la différence quand on est dirigeant / manager ?

“Le burn-out n’est pas une faiblesse individuelle, pas plus que la dépression n’est un manque de volonté. Ce sont deux réponses humaines différentes à une surcharge ou à une rupture profonde de l’équilibre.”.” — Jean-Cédric Violet

“Prévenir plutôt que guérir”, notre devise chez Equilibr’in®

C’est l’une des questions les plus fréquentes que j’entends chez les dirigeants et managers en souffrance : “Est-ce que je fais un burn-out… ou est-ce que je suis en dépression ?”

Derrière cette question, il y a souvent de la peur, de la confusion et même de la honte. Parce que le mot dépression fait peur et parce que le burn-out est souvent méconnu. Pourtant, confondre les deux retarde la prise en charge et complique la reconstruction.

Alors posons les choses clairement, simplement, sans diagnostic “sauvage”, mais avec des repères utiles.

1. Une différence majeure : le temps et le mode d’apparition

La dépression peut survenir de manière brutale, parfois à la suite d’un événement traumatique unique (deuil, rupture, maladie, choc psychique). Elle peut apparaître sans phase préalable longue, même chez une personne jusque-là fonctionnelle.

Le burn-out, à l’inverse, est un processus progressif. Cet épuisement global, physique, mental et émotionnel, s’installe dans le temps, à la suite d’une exposition prolongée et chronique à une situation de “stress” sans possibilité de récupération suffisante. Il n’apparaît pas “du jour au lendemain”.

Cette dimension temporelle est centrale, la dépression peut être aiguë et le burn-out est toujours le résultat d’une érosion lente des ressources. Il n'apparait jamais du jour au lendemain. Cependant, dans le cas d’un burn-out, il est vrai que l'on peut parfois observer une période dépressive après l'effondrement.

2. Le burn-out : un phénomène systémique lié à un stress prolongé

Le burn-out n’est toujours pas officiellement reconnu comme maladie professionnelle par l'Organisation Mondiale de la Santé. En terme médical, on parle de “syndrome d’épuisement professionnel” car ses symptômes sont multiples et recensés au nombre d'environ 130.

Contrairement à une idée reçue, de nombreux médecins spécialistes s’accordent à dire que le burn-out n’est pas un syndrome exclusivement lié au travail, il est systémique et s'inscrit dans tout un environnement. La problématique est bien plus complexe et les causes sont multifactorielles ce qui explique l'état d'épuisement autant physique, mental qu'émotionnel.

Les approches cliniques systémiques montrent qu’il peut résulter d’une charge excessive, d’une perte de sens, de conflits de valeurs, d’une pression constante, d’un déséquilibre vie privée et vie professionnelle.

En revanche, il est vrai que cette souffrance se déclenche fréquemment sur le lieu de travail. Chez les dirigeants et les managers, le burn-out est souvent masqué par :

  • le sens du devoir,

  • l’hyper-responsabilité,

  • la difficulté à lâcher,

  • l’identité personnelle très fusionnelle avec sa fonction professionnelle.

  • la pression financière,

  • parfois des engagements personnels tout aussi exigeants.

Le discours intérieur ressemble souvent à : “Je n’en peux plus.”, “Je ne supporte plus.”, “Je tiens encore, mais à quel prix…”

Le burn-out est donc considéré comme un effondrement du système global de régulation, et non comme un simple “problème de travail”.


3. La dépression : une atteinte globale de l’humeur et de l’élan vital

A l’inverse, la dépression peut survenir de manière brutale sans phase préalable longue, parfois à la suite d’un événement traumatique unique (deuil, choc, rupture, maladie, traumatisme psychique). Elle peut apparaître soudainement, même chez une personne jusque-là fonctionnelle.

La dépression est un trouble de l’humeur reconnu médicalement, qui touche l’ensemble de la vie psychique.

Elle se caractérise notamment par une tristesse persistante ou un vide émotionnel, une perte d’intérêt ou de plaisir généralisée, un ralentissement psychomoteur fréquent, une vision négative durable de soi, du monde et de l’avenir.


Contrairement au burn-out, la dépression :

  • n’est pas nécessairement liée à un contexte de stress prolongé,

  • peut toucher tous les domaines de la vie simultanément,

  • peut apparaître même en l’absence de pression externe identifiable.

Le discours intérieur ressemble souvent à : “Je ne vaux plus rien.”, “Je n’ai plus envie de rien.”, “La vie est trop pesante.” La souffrance est donc globale accompagnée d’une vision très sombre de l’avenir et parfois d’idées noires persistantes.

Conclusion

Le burn-out n’est pas une faiblesse individuelle, pas plus que la dépression n’est un manque de volonté. Ce sont deux réponses humaines différentes à une surcharge ou à une rupture profonde de l’équilibre.”

Il est aujourd’hui admis que le burn-out et la dépression ne sont pas identiques mais qu’ils peuvent se succéder. Un burn-out sévère ou prolongé, s’il n’est pas pris en charge, peut augmenter le risque de dépression. Cela ne signifie pas que le burn-out est une dépression, mais qu’un épuisement chronique non traité peut fragiliser durablement l’équilibre émotionnel.

Seul un professionnel de santé (médecin, psychiatre) peut poser un diagnostic et proposer un traitement adapté mais ce que vous pouvez faire, en tant que dirigeant c’est repérer les signaux, ne pas rester seul, consulter tôt, sans attendre l’effondrement. Dans tous les cas, avec le bon accompagnement, les deux se soignent.

La vraie question n’est pas “De quoi est-ce que je souffre exactement ?” mais plutôt “Est-ce que je prends enfin au sérieux ce que je vis ?”

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