Pourquoi les dirigeants (es) font-ils (elles) un burn-out… alors qu’ils (elles) réussissent ?

“Et si la vraie réussite était celle d’un engagement mieux régulé, d’une réussite plus durable et d’une performance qui n’épuise plus.” — Jean-Cédric Violet

“Comment réussir sans s’abîmer ?” - Equilibr’in®

De l’extérieur, tout va bien, l’entreprise se porte bien et les résultats sont là. Les équipes avancent et parfois même, la réussite est fulgurante. Et pourtant…un jour, le dirigeant(e) s’effondre physiquement, mentalement et émotionnellement.

La question revient alors, souvent avec incompréhension – parfois avec jugement : “Comment est-ce possible ? Il avait tout pour réussir.” Justement, c’est souvent pour cette raison que le burn-out survient. Mais pourquoi ?

1. Le burn-out ne touche pas les faibles… mais les plus engagés

Contrairement aux idées reçues, le burn-out des dirigeants (es) n’est pas lié à un manque de compétences, à un défaut de résistance ou à une fragilité personnelle. Il touche en priorité des personnes qui présentent des qualités très valorisées en entreprise :

  • Un sens aigu des responsabilités,

  • Un fort engagement,

  • Une grande capacité de travail,

  • Une excellente résistance à la pression,

  • La loyauté à l’employeur,

  • Une exigence élevée envers elles-mêmes.

Le burn-out n’est pas un échec personnel, c’est souvent l’excès non régulé de qualités devenues coûteuses pour la santé.

2. La réussite extérieure masque souvent l’épuisement intérieur

Chez les dirigeants(es), la réussite joue un rôle paradoxal. Plus ça fonctionne, plus la pression augmente, plus les attentes se renforcent, plus il devient difficile de dire stop. Le dirigeant(e) devient le pilier, le point de stabilité, celui qui rassure quand ça tangue. Mais qui rassure le dirigeant ou la dirigeante ?

Dans la méthode Equilibr’in®, on observe souvent ce décalage entre la réussite extérieure qui progresse… pendant que les ressources intérieures s’épuisent. Et comme ce système fonctionne, les signaux sont très souvent ignorés.

3. Quand l’identité se confond avec la fonction

Un facteur clé du burn-out chez les dirigeants (es) est la fusion entre l’identité personnelle et sa fonction en entreprise.

Progressivement, on est son entreprise, on est sa fonction, on est la réussite (ou l’échec). Dire non devient un signe de déception, de trahison et d’abandon des autres et s’arrêter signifie perdre de sa valeur, perdre sa place et perdre le contrôle.

Ce n’est pas le travail qui détruit, c’est l’impossibilité de s’en détacher physiquement et surtout psychiquement.

4. Le mythe du dirigeant “qui tient quoi qu’il arrive”

Beaucoup de dirigeants ont appris une règle implicite :

“Je dois tenir. Peu importe le coût.”

Alors ils encaissent les tensions, absorbent les problèmes, taisent leurs doutes et repoussent leurs limites. Le problème n’est pas de tenir ponctuellement mais de tenir sans limite ni récupération, sur la durée. Cependant, le corps, lui, ne négocie pas, il finit toujours par présenter la facture.

5. Le burn-out comme effondrement du système, pas de l’individu

L’un des apports majeurs d’Equilibr’in® est de sortir d’une lecture individuelle du burn-out. Chez les dirigeants, il s’agit rarement d’une unique problématique, d’un seul événement, d’une seule cause.

C’est un déséquilibre systémique avec une surcharge prolongée, des responsabilités multiples, une pression financière accrue, une solitude décisionnelle, l’absence d’espace de régulation et des valeurs personnelles en tension avec la réalité. Le burn-out est le signal que le système ne s’autorégule plus.

6. Pourquoi les plus solides tombent… et pas les autres

Ceux qui font un burn-out sont souvent ceux et celles qui ne lâchent jamais, ne demandent pas d’aide, continuent quand d’autres s’arrêtent, et prennent sur eux pour le bien de tous. Autrement dit, ceux et celles qui tiennent trop longtemps sans se protéger. La chute n’est pas un manque de solidité, c’est le résultat d’une solidité utilisée sans “régulateurs”.

Conclusion

Les dirigeants(es) font un burn-out non pas malgré leur réussite, mais davantage en fonction de comment ils la gèrent. Le burnout peut être considéré comme un point de bascule. Lorsqu’il est compris et accompagné, l’épuisement peut devenir un moment de vérité, une remise à plat, un point de bascule vers autre chose. Pas vers moins d’ambition, moins d’engagement ou moins de responsabilité mais vers un engagement mieux régulé, une réussite plus durable, une performance qui n’épuise plus. C’est d’ailleurs tout le sens de la démarche Equilibr’in®, “Réussir sans s’abîmer.”

La vraie question n’est plus “Pourquoi est-ce que j’ai craqué ?” mais plutôt “Comment puis-je réussir sans mettre ma santé en danger ?”

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